Au bout de l'About

100_5699 2D.jpg

Time is essential for me, because it is fleeting; photography is essential for me, because it lasts.

I like to cross them together, as happens at the precise instant I am taking a picture, and I cannot hide the special thrill I feel at this moment.  I must confess that it is always an instant of pure joy.

I would like to address my ambiguity regarding the term “ to take a picture “ and the role of the photographer : I don’t exactly want to “ take “ a shot, but rather to “ reveal “ an instant in the life of someone, something, somewhere. But, of course, it must be done quickly. In an infinitely brief instant I must “ take " the necessary distance to become the unique witness of that instant.

This is how I have become an errant photographer, wandering the city in search of all that light reveals of its buildings, its passersby, its shadows and colors.

I have always given myself complete freedom in my approach to photography, not subscribing to any one method, attempting to defy classification. With no theory to guide my work or to support it, it is wide open to the subjective view of the beholder. I am very attached to my freedom, and I accept the risks that go along with it.

Photography gives me the possibility to create more than just an image, more than just a reality. The photo should also tell an entirely different story from what it shows. It creates something unreal and I hope this unreality is a narrative. If that story is strange, if it arouses the imagination of the person who sees it, then, at that moment, I have achieved my goal. 

 

Le temps m’est indispensable, car il passe, la photo m’est indispensable car elle reste.

Il y a comme un croisement fécond entre l’un et l’autre et chaque prise de vue me procure ce frémissement qui est aussi celui du plaisir. J’aimerais dire tout ce que le terme « prise de vue » provoque en moi de réticence et reflète toute l'ambiguïté de ma position de photographe : je n’ai pas envie de « prendre » mais de « faire voir ». Faire voir, donner à voir un instant dans la vie de quelque chose ou d'un endroit; mais pour cela, et tous les photographes le savent, il faut faire vite.  Le temps d'un instant très court, infiniment court, je dois juste 'prendre' la distance nécessaire afin de devenir l’unique témoin de cet instant. C’est ainsi que je suis devenu un photographe errant à la recherche de tout ce que la lumière donne à la ville et à ses immeubles, à ses passants son comptant d’ombres et de couleurs.

Je me suis toujours donné tous les degrés de liberté dans ma démarche, sans jamais souscrire à une méthode ou adhérer à une classification. Aucune théorie pour cadrer mon travail, l'étayer, il reste donc vulnérable aux regards compétents et référents. Mais je reste attaché à cette forme de liberté et aux risques qui l’accompagnent.

La photographie m’ouvre la possibilité de créer plus qu’une image, plus qu’une réalité : elle crée une irréalité et cette irréalité, je la souhaite narrative : une photographie doit aussi raconter une histoire en rupture avec ce qu’elle montre (sa réalité) et si cette histoire est étrange, si cette histoire sollicite l’imaginaire de celui qui regarde la photo, à ce moment-là, le but est atteint.